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The Shining (1980) – 991 films

Pour terminer la soirée, le second Stanley Kubrick que nous avons regardé était The Shining.

Le style était un peu différent… Passer de la comédie noire à l’horreur fut un choc, mais un choc bien apprécié. Aussi, la longueur du film, sa lenteur et sa cadence, nous ont permis de nous habituer peu à peu au changement d’ambiance.

Inspiré d’un roman de Stephen King, le film raconte l’histoire d’une petite famille qui doit garder, et donc habiter, un grand hôtel perdu dans les montagnes pendant l’hiver. Une fois la première tempête de neige passée, impossible de se rendre à l’hôtel, ou d’en sortir. Jack Torrance, joué brillamment par Jack Nicholson, a pris le poste pour pouvoir écrire dans l’isolement un roman. Sa femme Wendy (Shelley Duvall) et leur fils Dany (Danny Lloyd) l’accompagne. Le problème, c’est que le dernier à avoir occupé ce poste est devenu fou, tuant toute sa famille et lui-même.

À travers les semaines, Jack sombre peu à peu dans la folie, alors que son fils a des hallucinations sur les meurtres qui ont eu lieu précédemment dans l’hôtel. Plus le temps avance, et plus Jack devient violent, jusqu’au paroxysme du film, où la tension est à son comble et où tout commence. Le suspense que battit le film depuis plus d’une heure éclate et fait place à l’horreur.

Par contre, ce suspense m’a semblé un peu trop long à bâtir, alors que le film a quelques longueurs au milieu. Cela dit, il y a un esthétisme fascinant dans ces scènes lentes et détaillées, en particulier celle où Jack est dans les toilettes, discutant avec le majordome, qui se révèle être l’hallucination de l’ancien gardien de l’hôtel. J’ai aussi eu de la difficulté avec l’évolution psychologique de Jack. On la voit bel et bien changer, avancer très lentement vers la folie, mais la raison de cette évolution m’a échappé, ou disons peu satisfait. J’ai d’ailleurs trouvé un peu étrange, même mal exploité, tout l’aspect fantastique du film.

Néanmoins, il s’agit d’un excellent film d’horreur qui m’a donné des frissons, et qui a su me tenir en haleine, surtout à la toute fin, durant cette scène de poursuite et d’hystérie mémorable. La scène où Wendy jette un coup d’oeil au manuscrit de Jack est également bien saisissante. Je comprends donc pourquoi il s’agit d’un classique, mais je prendrai quand même un certain temps avant de le regarder de nouveau.

Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb (1964) – 991 films

Un autre cinéaste duquel on ne peut passer à côté est Stanley Kubrick. Par contre, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’explorer son oeuvre. Ainsi, maintenant que j’ai une excuse, j’ai décidé, voilà déjà quelques semaines, d’en regarder deux de suite, parmi ses classiques. Le premier était Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb.

Stanley Kubrick n’est pas le réalisateur le plus facile à aborder. En fait, il est même énigmatique et son style est de haut niveau. Si vous commencez à regarder du cinéma, je veux dire du bon cinéma, ne commencez surtout pas par Kubrick. Ma première expérience avec lui fut par le biais de 2001: A Space Odyssey, et ce ne fut pas une belle expérience. Je ne l’ai apprécié ni la première, ni la deuxième fois. Avec A Clockwork Orange, j’ai dû le regarder à 3 ou 4 reprises avant de pouvoir le finir. Il faut aussi dire qu’à l’époque, je n’avais pas la même maturité, tant intellectuelle que culturelle.

Mais maintenant que je suis un peu plus vieux, et que j’ai un peu plus d’expérience concernant les oeuvres plus étranges, plus expérimentales, plus inaccessibles ou plus poussées psychologiquement, je me suis dit qu’il serait grand temps de me réconcilier avec ce grand du cinéma qui m’était encore incompris. Et avec Dr. Strangelove, la chose fut accomplie.

Sorti un peu plus d’un an après la crise des missiles cubains, il s’agit d’une satire cinglante contre la bombe atomique, la politique et la guerre froide, le tout sous un humour noir qui fait grincer des dents. L’histoire ? Ce que le monde entier craint à l’époque : le déclenchement d’une guerre thermonucléaire mondiale par accident. Chaque superpuissance, les États-Unis et l’URSS, possède chacun suffisamment de bombes nucléaires pour anéantir l’autre et rendre ainsi la planète inhabitable. Mais qu’arriverait-il si un général américain paranoïaque décidait d’attaquer l’ennemi en premier et de déclencher une guerre de son propre chef ?

On se retrouve alors dans la fameuse War Room, où l’on tente de trouver une solution à ce problème aux proportions démesurées. On fait venir l’ambassadeur russe, on appelle le dirigeant de l’URSS, on tente de rappeler les avions, le tout dans un suspense parfait, où l’absurdité de la situation et de toute la guerre froide ressort dans toute sa grandeur. Nous sommes plongés dans ce monde où la victoire devient presque plus importante que la survie. Il y a, par exemple, ce moment où le général Buck Turgidson refuse que l’ambassadeur russe ne pénètre dans la War Room. Pourquoi ? « He will see everything. He will see the Big Board! », qui ne semble être qu’une mappemonde avec des lumières qui clignotent… Et il y a aussi la fin, où, sans vous révéler quoique ce soit, les priorités des généraux sont encore fondées sur la guerre froide, malgré les évènements.

Les grands décors mal éclairés, le noir et blanc, et surtout le jeu des acteurs donnent une atmosphère pesante et sérieuse à ce qui, sans la petite pointe d’humour noir, serait un drame insoutenable. Heureusement, Peter Sellers réussit à nous faire sourire dans ses différents rôles; lorsqu’il est président et qu’il appelle le dirigeant russe et l’appelle par son prénom en lui parlant comme à un vieil ami ou à un enfant, pendant que son interlocuteur est saoul; lorsque qu’il fait le Dr. Strangelove, un ancien scientifique allemand qui ne peut empêcher son bras de faire le salut nazi; ou lorsqu’il interprète le Group Captain Mandrake, aux côtés du général fou. Ce dernier, interprété par Sterling Hayden, ne donne pas sa place non plus, comme parodie militaire. Enfin, il y a George C. Scott, dans le rôle du général Turgidson, qui anime presque à lui seul la discussion dans la War Room, de la manière la moins rassurante possible.

Bref, avec ce mélange parfaitement dosé, Kubrick nous fait vivre une expérience à la fois troublante et qui nous fait rire jaune. On est bien content, à la fin, que la guerre froide et ses risques de guerre nucléaire soient terminés. Sinon, le frisson serait encore plus saisissant. Enfin, le film aurait facilement pu être trop dramatique, ou trop ridicule. Mais Kubrick a gagné son pari.

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