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Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb (1964) – 991 films

Un autre cinéaste duquel on ne peut passer à côté est Stanley Kubrick. Par contre, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’explorer son oeuvre. Ainsi, maintenant que j’ai une excuse, j’ai décidé, voilà déjà quelques semaines, d’en regarder deux de suite, parmi ses classiques. Le premier était Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb.

Stanley Kubrick n’est pas le réalisateur le plus facile à aborder. En fait, il est même énigmatique et son style est de haut niveau. Si vous commencez à regarder du cinéma, je veux dire du bon cinéma, ne commencez surtout pas par Kubrick. Ma première expérience avec lui fut par le biais de 2001: A Space Odyssey, et ce ne fut pas une belle expérience. Je ne l’ai apprécié ni la première, ni la deuxième fois. Avec A Clockwork Orange, j’ai dû le regarder à 3 ou 4 reprises avant de pouvoir le finir. Il faut aussi dire qu’à l’époque, je n’avais pas la même maturité, tant intellectuelle que culturelle.

Mais maintenant que je suis un peu plus vieux, et que j’ai un peu plus d’expérience concernant les oeuvres plus étranges, plus expérimentales, plus inaccessibles ou plus poussées psychologiquement, je me suis dit qu’il serait grand temps de me réconcilier avec ce grand du cinéma qui m’était encore incompris. Et avec Dr. Strangelove, la chose fut accomplie.

Sorti un peu plus d’un an après la crise des missiles cubains, il s’agit d’une satire cinglante contre la bombe atomique, la politique et la guerre froide, le tout sous un humour noir qui fait grincer des dents. L’histoire ? Ce que le monde entier craint à l’époque : le déclenchement d’une guerre thermonucléaire mondiale par accident. Chaque superpuissance, les États-Unis et l’URSS, possède chacun suffisamment de bombes nucléaires pour anéantir l’autre et rendre ainsi la planète inhabitable. Mais qu’arriverait-il si un général américain paranoïaque décidait d’attaquer l’ennemi en premier et de déclencher une guerre de son propre chef ?

On se retrouve alors dans la fameuse War Room, où l’on tente de trouver une solution à ce problème aux proportions démesurées. On fait venir l’ambassadeur russe, on appelle le dirigeant de l’URSS, on tente de rappeler les avions, le tout dans un suspense parfait, où l’absurdité de la situation et de toute la guerre froide ressort dans toute sa grandeur. Nous sommes plongés dans ce monde où la victoire devient presque plus importante que la survie. Il y a, par exemple, ce moment où le général Buck Turgidson refuse que l’ambassadeur russe ne pénètre dans la War Room. Pourquoi ? « He will see everything. He will see the Big Board! », qui ne semble être qu’une mappemonde avec des lumières qui clignotent… Et il y a aussi la fin, où, sans vous révéler quoique ce soit, les priorités des généraux sont encore fondées sur la guerre froide, malgré les évènements.

Les grands décors mal éclairés, le noir et blanc, et surtout le jeu des acteurs donnent une atmosphère pesante et sérieuse à ce qui, sans la petite pointe d’humour noir, serait un drame insoutenable. Heureusement, Peter Sellers réussit à nous faire sourire dans ses différents rôles; lorsqu’il est président et qu’il appelle le dirigeant russe et l’appelle par son prénom en lui parlant comme à un vieil ami ou à un enfant, pendant que son interlocuteur est saoul; lorsque qu’il fait le Dr. Strangelove, un ancien scientifique allemand qui ne peut empêcher son bras de faire le salut nazi; ou lorsqu’il interprète le Group Captain Mandrake, aux côtés du général fou. Ce dernier, interprété par Sterling Hayden, ne donne pas sa place non plus, comme parodie militaire. Enfin, il y a George C. Scott, dans le rôle du général Turgidson, qui anime presque à lui seul la discussion dans la War Room, de la manière la moins rassurante possible.

Bref, avec ce mélange parfaitement dosé, Kubrick nous fait vivre une expérience à la fois troublante et qui nous fait rire jaune. On est bien content, à la fin, que la guerre froide et ses risques de guerre nucléaire soient terminés. Sinon, le frisson serait encore plus saisissant. Enfin, le film aurait facilement pu être trop dramatique, ou trop ridicule. Mais Kubrick a gagné son pari.

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Modern Times (1936) – 991 films

Ouf ! Que de films vus ces derniers temps ! En plus des soirées hebdomadaires faites avec quelques amis, j’ai profité de quelques soirs de semaine pour satisfaire un peu plus mon appétit. Ainsi, j’ai plusieurs films desquels vous parler, et des excellents. Le premier d’entre eux est Modern Times de Charles Chaplin.

On ne peut plonger dans l’histoire du cinéma sans rencontrer cette figure symbolique du comique : le grand Charlie Chaplin. J’avais déjà regardé quelques unes de ses oeuvres, voilà un bon bout de temps, mais pour redécouvrir cet artiste, je trouvais que Modern Times était tout désigné.

D’une durée de 87 minutes, il s’agit d’une satire bien percutante, parfois triste, parfois ironique, de l’industrialisme des années 30 et des années de la Grande Dépression américaine. L’emblématique personnage de clochard de Chaplin, Charlot, toujours joué par lui-même, y fait ici sa dernière apparition, alors qu’il se débat dans un monde en plein changement, mais pas forcément pour le mieux. Il est d’abord employer sur une chaîne de montage, où il devient fou, puis se retrouve en prison, travaille dans un magasin à grande surface, devient serveur et chanteur dans un bistro, tout en rêvant d’une vie meilleure, du fameux rêve américain. Mais grâce au talent de Chaplin, ce qui aurait pu être un film larmoyant se transforme en comédie à l’humour cinglant, mais aussi enfantin par moments. À la fin, au lieu de se plaindre, on ne constate en fait que le ridicule de cette époque, de cet industrialisme encore naissant, et de cette misère historique. Et la musique, composée par le réalisateur lui-même, et parfois dramatique, parfois comique et nonchalante, nous accompagne tout au long de ce témoignage.

Naturellement, le film est en noir et blanc. Cependant, ce qu’il y a de plus extraordinaire avec ce film, c’est que, malgré l’époque, il est semi-muet. Même si les films parlants existent depuis près de 10 ans, Chaplin n’adhère pas à cette nouvelle vision du cinéma. Malgré les textes qu’il avait préparés, il décide finalement de ne pas les utiliser, à quelques exceptions près. Et en regardant le film, on ne peut qu’approuver son choix, alors que son propos passe encore mieux en pantomime et sans paroles. En fait, Chaplin critiquait même l’usage de la parole, la trouvant superflue et vide. On le constate dans la scène finale, où Charlot oublie les paroles de sa chanson et chante alors un texte dépourvu de tout sens, un mélange étrange de français et d’espagnol, mais qui fait quand même bien rire son auditoire.

Mais ce qui fait vraiment le charme du film, c’est cette vision satisfaisante de la vie, même si elle ne nous empêche pas de rêver mieux. Il y a cette double-critique, mais qui nous rend néanmoins bien heureux. Lorsque Charlot et la gamine, jouée par Paulette Goddard, se trouvent une maison toute délabrée qui tient à peine debout, elle s’exclame, toute enjouée : « It’s paradise. ». Mais ils rêvent à la fois d’une maison de banlieue où l’on peut cueillir les fruits tranquillement de son salon, en tendant simplement la main vers la fenêtre, signe d’une abondance infinie, et où les vaches n’ont même pas besoin d’être traites. On se croirait, effectivement, dans le jardin d’Eden ! Et en même temps, lorsque Charlot travaille dans le magasin à grande surface, l’abondance y est aussi grande, alors que là, elle y est presque cruelle, devant ses anciens collègues de travail, maintenant chômeurs, qui doivent voler pour survivre.

Ainsi, la critique est parfois dure, mais elle fait aussi, et surtout, sourire. Malgré leur condition, les deux amoureux ne cessent pas de perdre espoir, de rêver mieux. Et à travers tout cela, ils réussissent quand même à être heureux. Voilà, ce que nous enseigne Chaplin, à travers son oeuvre.

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