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Akira (1988) – 990 films

Enfin, ce blogue est de nouveau à jour ! Car le dernier film que j’ai vu, pour le moment, est Akira de Katsuhiro Otomo.

Je me disais qu’il serait bon d’explorer un peu plus le cinéma étranger, et d’autres styles de film. Une animation japonaise s’est donc imposée, et Akira en est l’exemple parfait. Il s’agit du chef-d’oeuvre du réalisateur. Et surtout, il mélange la plupart des thèmes récurrents des animes : la science-fiction, l’avenir apocalyptique, les pouvoirs surnaturels et des adolescents en quête d’identité.

J’ai eu un peu de difficulté à suivre l’histoire, en partie parce que j’étais un peu fatigué au moment de l’écoute, et en partie parce qu’elle comportait plusieurs aspects aux liens parfois confus. En gros, pour ce que j’en ai compris, Tetsuo est un adolescent qui fait partie d’un gang de motards délinquants avec d’autres amis. Tetsuo a un complexe d’infériorité envers les autres membres, en particulier Kaneda, à qui il doit souvent demander protection. Puis, il développe des pouvoirs psychiques extrêmement puissants qui lui permettent enfin de se débrouiller seul et de se montrer fort. Par contre, il perd rapidement le contrôle de ses pouvoirs… En parallèle à cela, le gouvernement tente de s’emparer de lui, à l’aide d’autres enfants télépathes. Il y a aussi une quête pour retrouver Akira, un être qui aurait des pouvoirs encore plus grands que ceux de Tetsuo.

Il s’en suit des explosions spectaculaires, des scènes d’affrontement tendues, et un chaos immense aux images superbes. On y sent la force, l’énergie et le mal de vivre d’un adolescent en pleine crise. Alors que Tetsuo cherche Akira, on y voit aussi une quête d’identité difficile. Tout cela s’exprime avec une rébellion de l’esprit et une violence du corps immenses. À cet effet, les 20 dernières minutes du film sont spectaculaires et envoûtantes, alors que l’histoire arrive à son paroxysme.

Par conséquent, c’est un film que j’ai bien apprécié, malgré quelques confusions, et qui mériterait d’être réécouté, afin de mieux en comprendre les détails. Et surtout, cela m’a donné envie de regarder d’autres films du genre.

Being John Malkovich (1999) – 991 films

Comme mes soirées de cinéma hebdomadaires ne suffisent pas toujours à rassasier mon appétit, j’ai décidé, un autre soir de semaine, de regarder de nouveau un film que j’avais déjà vu, mais voilà déjà un bon bout de temps. Il s’agit de Being John Malkovich de Spike Jonze.

En fait, cette semaine-là, je me sentais un goût pour les films étranges, explorant des idées incongrues, comme avec La Moustache. Dans Being John Malkovich, nous sommes transportés dans un univers étrange où, dans une entreprise située littéralement entre deux étages d’un immeuble à bureau, se trouve, derrière un classeur, une sorte de tunnel qui mène directement bien que temporairement dans le corps du célèbre acteur John Malkovich. Rapidement, Craig Shwartz, un marionnettiste sans succès joué par John Cusack, et Maxime Lund, une collègue de travail profiteuse interprétée par Catherine Keener, transforment la découverte en source de revenus, en y faisant entrer des personnes qui, l’espace d’un instant, veulent être quelqu’un d’autre. L’histoire se complique lorsque Craig se rend compte qu’il peut contrôler Malkovich, comme une marionnette…

À travers cette histoire étrange, on sent un mal de vivre intense de la part des personnages. En particulier Craig et sa femme Lotte, jouée par Cameron Diaz, tous semblent vouloir être quelqu’un d’autre, changer de vie et fuir la sienne, ne serait-ce que l’espace d’un instant. Leurs rêves, en particulier ceux, discordants, du couple, ne semblent pouvoir ni se réaliser, ni se vivre, qu’à travers John Malkovich. Et John Malkovich, quant à lui, nous fait vivre un malaise tout aussi intense. Comment réagir, si l’on s’aperçoit que des gens peuvent s’introduire dans notre tête, voire prendre le contrôle de notre corps tout entier ? Qui devenons-nous, sans cela ? Le scène la plus troublant est celle où Malkovich s’introduit lui-même dans le tunnel qui mène à son corps. Je vous laisse la découvrir… Ce tunnel, par ailleurs, n’est pas sans rappeler celui d’Alice aux pays des merveilles. Fuite vers le rêve et quête d’identité : le rapprochement est facile à faire.

Ce qu’il y a de particulier, aussi, avec ce film, c’est son humour noir, sa manière ironique d’aborder ses sujets et ses thèmes. On rit jaune, devant ses situations comiques, mais aussi touchantes et dérangeantes.

Ainsi, le film ouvre bon nombre de questions philosophiques, tout en nous plongeant dans un monde bien particulier, à l’ambiance un peu glauque et dépressive, avec une petite touche ironique, et aux personnages défectueux, mal adaptés. Il ne s’agirait donc pas d’un film que je reverrais souvent, mais qui en vaut néanmoins bien la peine. Si Spike Jonze réussit le même coup avec Adaptation, je n’en serai pas déçu.

La Moustache (2005) – 991 films

Entre deux soirées à découvrir des films de répertoire, j’ai décidé de revoir, pour une troisième fois, un film étrange mais que j’ai beaucoup apprécié. Il s’agit de La Moustache, d’Emmanuel Carrère, qui ne fait pas partie des 1001 films.

On m’a d’abord conseillé le film, et je l’ai trouvé fascinant. On m’a ensuite prêté le livre qui était, si cela est possible, encore plus troublant. J’ai donc écouté une nouvelle fois le film, à la lumière de ma lecture. Enfin, je me suis dit qu’un de mes amis devait aussi le voir. À chacun de mes visionnements, l’énigme semblait s’ouvrir et se révéler un peu plus à moi.

La prémisse du film est simple, mais complexe et infinie dans ses conséquences. Marc, joué par l’intense Vincent Lindon, porte la moustache depuis toujours. Un soir, alors qu’il se prépare pour un souper entre amis, il décide de faire une surprise à sa fiancée, Agnès, jouée brillamment par Emmanuelle Devos : il décide de se raser la moustache. Et là, tout s’écroule. D’abord, il croit que celle-ci, faisant parfois des blagues douteuses, fait simplement semblant de ne pas s’en rendre compte. Ensuite, les deux autres convives de la soirée, amis de longue date du couple, semblent aussi ne se rendre compte de rien. Enfin, lorsque Marc confronte Agnès, celle-ci affirme qu’il n’a jamais eu de moustache.

Commence alors une longue descente aux enfers pour Marc, alors que tout son monde s’écroule autour de lui. Tiraillé entre une folie possible et grandissante, et la certitude qu’il a déjà eu une moustache, un fait aussi anodin que de s’être rasé la moustache, ou d’en avoir déjà porté une, devient une véritable obsession. Une quantité astronomique de possibilités et de questions se forment tout au long du film. Devient-il fou ? Agnès lui fait-il simplement une mauvaise blague ? Mais qu’en est-il des autres, qui n’ont pas remarqué non plus ? Qu’en est-il des photos de voyage, de sa carte d’identité ? Mais aussi, un homme sain d’esprit réagirait-il aussi violemment à cette situation ? Tant de questions que le film laisse sans réelle réponse. Même que la fin, encore plus déroutante, en rajoute de nouvelles, encore plus énigmatiques, juste avant que l’écran ne devienne noir une dernière fois.

Supporté par la musique extraordinaire de Philip Glass, soit son Concerto pour violons, le film devient un véritable drame psychologique, mêlé à un thriller enlevant. Certaines scènes sont d’une intensité à faire frémir de désespoir, de suspense ou d’émotions. Et le jeu des acteurs nous y fait croire, nous fait mettre à la place des personnages, vivant avec eux ce drame invraisemblable.

Dans un univers kafkaïen sont ainsi abordés les thèmes de la folie, de la confiance et de l’identité avec une intensité nouvelle, encore inconnue par le jeune cinéphile que je suis encore. Dites-vous que si je l’ai regardé à trois reprises, et que j’ai déjà le goût de m’y replonger une quatrième fois, c’est qu’il s’agit d’un film qui vaut bien le détour.

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