Being John Malkovich (1999) – 991 films

Comme mes soirées de cinéma hebdomadaires ne suffisent pas toujours à rassasier mon appétit, j’ai décidé, un autre soir de semaine, de regarder de nouveau un film que j’avais déjà vu, mais voilà déjà un bon bout de temps. Il s’agit de Being John Malkovich de Spike Jonze.

En fait, cette semaine-là, je me sentais un goût pour les films étranges, explorant des idées incongrues, comme avec La Moustache. Dans Being John Malkovich, nous sommes transportés dans un univers étrange où, dans une entreprise située littéralement entre deux étages d’un immeuble à bureau, se trouve, derrière un classeur, une sorte de tunnel qui mène directement bien que temporairement dans le corps du célèbre acteur John Malkovich. Rapidement, Craig Shwartz, un marionnettiste sans succès joué par John Cusack, et Maxime Lund, une collègue de travail profiteuse interprétée par Catherine Keener, transforment la découverte en source de revenus, en y faisant entrer des personnes qui, l’espace d’un instant, veulent être quelqu’un d’autre. L’histoire se complique lorsque Craig se rend compte qu’il peut contrôler Malkovich, comme une marionnette…

À travers cette histoire étrange, on sent un mal de vivre intense de la part des personnages. En particulier Craig et sa femme Lotte, jouée par Cameron Diaz, tous semblent vouloir être quelqu’un d’autre, changer de vie et fuir la sienne, ne serait-ce que l’espace d’un instant. Leurs rêves, en particulier ceux, discordants, du couple, ne semblent pouvoir ni se réaliser, ni se vivre, qu’à travers John Malkovich. Et John Malkovich, quant à lui, nous fait vivre un malaise tout aussi intense. Comment réagir, si l’on s’aperçoit que des gens peuvent s’introduire dans notre tête, voire prendre le contrôle de notre corps tout entier ? Qui devenons-nous, sans cela ? Le scène la plus troublant est celle où Malkovich s’introduit lui-même dans le tunnel qui mène à son corps. Je vous laisse la découvrir… Ce tunnel, par ailleurs, n’est pas sans rappeler celui d’Alice aux pays des merveilles. Fuite vers le rêve et quête d’identité : le rapprochement est facile à faire.

Ce qu’il y a de particulier, aussi, avec ce film, c’est son humour noir, sa manière ironique d’aborder ses sujets et ses thèmes. On rit jaune, devant ses situations comiques, mais aussi touchantes et dérangeantes.

Ainsi, le film ouvre bon nombre de questions philosophiques, tout en nous plongeant dans un monde bien particulier, à l’ambiance un peu glauque et dépressive, avec une petite touche ironique, et aux personnages défectueux, mal adaptés. Il ne s’agirait donc pas d’un film que je reverrais souvent, mais qui en vaut néanmoins bien la peine. Si Spike Jonze réussit le même coup avec Adaptation, je n’en serai pas déçu.

La Moustache (2005) – 991 films

Entre deux soirées à découvrir des films de répertoire, j’ai décidé de revoir, pour une troisième fois, un film étrange mais que j’ai beaucoup apprécié. Il s’agit de La Moustache, d’Emmanuel Carrère, qui ne fait pas partie des 1001 films.

On m’a d’abord conseillé le film, et je l’ai trouvé fascinant. On m’a ensuite prêté le livre qui était, si cela est possible, encore plus troublant. J’ai donc écouté une nouvelle fois le film, à la lumière de ma lecture. Enfin, je me suis dit qu’un de mes amis devait aussi le voir. À chacun de mes visionnements, l’énigme semblait s’ouvrir et se révéler un peu plus à moi.

La prémisse du film est simple, mais complexe et infinie dans ses conséquences. Marc, joué par l’intense Vincent Lindon, porte la moustache depuis toujours. Un soir, alors qu’il se prépare pour un souper entre amis, il décide de faire une surprise à sa fiancée, Agnès, jouée brillamment par Emmanuelle Devos : il décide de se raser la moustache. Et là, tout s’écroule. D’abord, il croit que celle-ci, faisant parfois des blagues douteuses, fait simplement semblant de ne pas s’en rendre compte. Ensuite, les deux autres convives de la soirée, amis de longue date du couple, semblent aussi ne se rendre compte de rien. Enfin, lorsque Marc confronte Agnès, celle-ci affirme qu’il n’a jamais eu de moustache.

Commence alors une longue descente aux enfers pour Marc, alors que tout son monde s’écroule autour de lui. Tiraillé entre une folie possible et grandissante, et la certitude qu’il a déjà eu une moustache, un fait aussi anodin que de s’être rasé la moustache, ou d’en avoir déjà porté une, devient une véritable obsession. Une quantité astronomique de possibilités et de questions se forment tout au long du film. Devient-il fou ? Agnès lui fait-il simplement une mauvaise blague ? Mais qu’en est-il des autres, qui n’ont pas remarqué non plus ? Qu’en est-il des photos de voyage, de sa carte d’identité ? Mais aussi, un homme sain d’esprit réagirait-il aussi violemment à cette situation ? Tant de questions que le film laisse sans réelle réponse. Même que la fin, encore plus déroutante, en rajoute de nouvelles, encore plus énigmatiques, juste avant que l’écran ne devienne noir une dernière fois.

Supporté par la musique extraordinaire de Philip Glass, soit son Concerto pour violons, le film devient un véritable drame psychologique, mêlé à un thriller enlevant. Certaines scènes sont d’une intensité à faire frémir de désespoir, de suspense ou d’émotions. Et le jeu des acteurs nous y fait croire, nous fait mettre à la place des personnages, vivant avec eux ce drame invraisemblable.

Dans un univers kafkaïen sont ainsi abordés les thèmes de la folie, de la confiance et de l’identité avec une intensité nouvelle, encore inconnue par le jeune cinéphile que je suis encore. Dites-vous que si je l’ai regardé à trois reprises, et que j’ai déjà le goût de m’y replonger une quatrième fois, c’est qu’il s’agit d’un film qui vaut bien le détour.

Top Gun (1986) – 991 films

Je voulais montrer à mes amis, certains étant moins cinéphiles que moi, qu’on ne regardera pas que de vieux films empoussiérés, en noir et blanc et muets. J’ai donc décidé d’écouter avec eux Top Gun de Tony Scott. Presque personne ne s’est présenté à la soirée, mais au moins, pour la prochaine fois, ils étaient avertis et, j’espère, rassurés.

Rien ne comble aussi bien un vendredi soir paresseux, tant physiquement qu’intellectuellement, qu’un bon film d’action typiquement américain. Et à ce niveau, Top Gun ne donne pas sa place ! Le concept est simple : différents pilotes de l’armée américaine, les meilleurs dans leur métier, se retrouvent dans une école de pilotage afin de devenir les meilleurs des meilleurs. Parmi les candidats se trouve Maverick, joué par un jeune et bientôt célèbre Tom Cruise.

À travers ses différents cours se mêlent la compétition entre les candidats pour devenir le meilleur de la graduation, une petite histoire d’amour avec une formatrice, quelques affrontements avec l’un des professeurs, et beaucoup, beaucoup de scènes de combats aériens. En fait, l’histoire, prévisible à quelques points près, ne semble être qu’une excuse pour des simulations de combat en haute altitude. Celles-ci, d’ailleurs, sont le point central du film, par leur abondance, bien sûr, mais aussi par leur beauté, leur intensité et leur suspense insoutenable, du début à la fin. Lorsque la dernière scène s’est terminée, j’en avais le souffle coupé, et j’avais compris pourquoi, à sa sortie, se fut un véritable phénomène, un film culte.

Mais outre l’action, qui vaut, je le répète, son pesant d’or, l’historiette d’amour avec Charlie, interprétée par Kelly McGillis, m’a également surpris par sa beauté. J’ai aimé sa subtilité, son évolution, sa présentation. Sans vouloir vous révéler une intrigue, de laquelle vous vous donnez de toute façon si vous n’avez pas (encore) vu le film, je crois que la scène de baise entre Maverick et Charlie est la meilleure que j’ai vue à ce jour. Donc, pour les plus sentimentaux, vous serez aussi raisonnablement satisfaits, entre deux chasses d’avions.

Ce fut donc un bon film, léger, et avec une musique vraiment accrocheuse, épique même. Et surtout, je sais maintenant toute la signification que contient le titre de wingman.

Modern Times (1936) – 991 films

Ouf ! Que de films vus ces derniers temps ! En plus des soirées hebdomadaires faites avec quelques amis, j’ai profité de quelques soirs de semaine pour satisfaire un peu plus mon appétit. Ainsi, j’ai plusieurs films desquels vous parler, et des excellents. Le premier d’entre eux est Modern Times de Charles Chaplin.

On ne peut plonger dans l’histoire du cinéma sans rencontrer cette figure symbolique du comique : le grand Charlie Chaplin. J’avais déjà regardé quelques unes de ses oeuvres, voilà un bon bout de temps, mais pour redécouvrir cet artiste, je trouvais que Modern Times était tout désigné.

D’une durée de 87 minutes, il s’agit d’une satire bien percutante, parfois triste, parfois ironique, de l’industrialisme des années 30 et des années de la Grande Dépression américaine. L’emblématique personnage de clochard de Chaplin, Charlot, toujours joué par lui-même, y fait ici sa dernière apparition, alors qu’il se débat dans un monde en plein changement, mais pas forcément pour le mieux. Il est d’abord employer sur une chaîne de montage, où il devient fou, puis se retrouve en prison, travaille dans un magasin à grande surface, devient serveur et chanteur dans un bistro, tout en rêvant d’une vie meilleure, du fameux rêve américain. Mais grâce au talent de Chaplin, ce qui aurait pu être un film larmoyant se transforme en comédie à l’humour cinglant, mais aussi enfantin par moments. À la fin, au lieu de se plaindre, on ne constate en fait que le ridicule de cette époque, de cet industrialisme encore naissant, et de cette misère historique. Et la musique, composée par le réalisateur lui-même, et parfois dramatique, parfois comique et nonchalante, nous accompagne tout au long de ce témoignage.

Naturellement, le film est en noir et blanc. Cependant, ce qu’il y a de plus extraordinaire avec ce film, c’est que, malgré l’époque, il est semi-muet. Même si les films parlants existent depuis près de 10 ans, Chaplin n’adhère pas à cette nouvelle vision du cinéma. Malgré les textes qu’il avait préparés, il décide finalement de ne pas les utiliser, à quelques exceptions près. Et en regardant le film, on ne peut qu’approuver son choix, alors que son propos passe encore mieux en pantomime et sans paroles. En fait, Chaplin critiquait même l’usage de la parole, la trouvant superflue et vide. On le constate dans la scène finale, où Charlot oublie les paroles de sa chanson et chante alors un texte dépourvu de tout sens, un mélange étrange de français et d’espagnol, mais qui fait quand même bien rire son auditoire.

Mais ce qui fait vraiment le charme du film, c’est cette vision satisfaisante de la vie, même si elle ne nous empêche pas de rêver mieux. Il y a cette double-critique, mais qui nous rend néanmoins bien heureux. Lorsque Charlot et la gamine, jouée par Paulette Goddard, se trouvent une maison toute délabrée qui tient à peine debout, elle s’exclame, toute enjouée : « It’s paradise. ». Mais ils rêvent à la fois d’une maison de banlieue où l’on peut cueillir les fruits tranquillement de son salon, en tendant simplement la main vers la fenêtre, signe d’une abondance infinie, et où les vaches n’ont même pas besoin d’être traites. On se croirait, effectivement, dans le jardin d’Eden ! Et en même temps, lorsque Charlot travaille dans le magasin à grande surface, l’abondance y est aussi grande, alors que là, elle y est presque cruelle, devant ses anciens collègues de travail, maintenant chômeurs, qui doivent voler pour survivre.

Ainsi, la critique est parfois dure, mais elle fait aussi, et surtout, sourire. Malgré leur condition, les deux amoureux ne cessent pas de perdre espoir, de rêver mieux. Et à travers tout cela, ils réussissent quand même à être heureux. Voilà, ce que nous enseigne Chaplin, à travers son oeuvre.

Das Kabinett des Doktor Caligari (1919) – 996 films

Enfin, pour couronner ces deux courts-métrages, nous avons terminé la soirée avec un classique de l’expressionnisme allemand : Das Kabinett des Doktor Caligari de Robert Wiene. Ou, en français : Le Cabinet du docteur Caligari.

D’une durée de 71 minutes, il s’agit du grand chef-d’oeuvre du style. Décors anguleux et fantomatiques, pellicule teintée, personnages mystérieux et effrayants, suspense et drame intenables : il s’agit d’un film d’horreur qui vous fera frissonné par son expression démesurée. C’est comme regarder une toile sombre de Monet se mettre en mouvement et voir un drame apparaître derrière ses limbes.

L’intrigue tourne autour du docteur Caligari, savant-fou qui expose dans une foire un somnambule qui prédit l’avenir. Mais en même temps, de mystérieux meurtres prennent place, la nuit, dans la ville. Ajoutez à cela une enquête pour retrouver le coupable, l’enlèvement d’une jeune demoiselle suivi d’une poursuite effrénée, et un retournement, à la fin du film, peut-être prévisible mais certainement fort psychologiquement et émotionnellement, et vous avez un film emballant et qui vous rivera à votre siège… mais surtout vers la fin.

En effet, le plus grand défaut du film est sa lenteur, en particulier au début du film, alors que l’intrigue prend beaucoup de temps à se mettre en place et à interpeller le spectateur. Il faut dire aussi que les panneaux de texte, utilisés à profusion et parfois inutilement, ralentissent de beaucoup le rythme. Par contre, une fois que le tout démarre, là, le film devient captivant. Aussi, en l’analysant un peu, on remarque que l’histoire a une complexité bien appréciable, en plus des quelques mise à abîme qui rehaussent la qualité de la trame.

De toute manière, c’est surtout l’atmosphère du film qui retient l’attention. Il est difficile d’aller chercher plus lugubre, plus psychotique et plus onirique à la fois. Ne serait-ce que pour cela, le film en voudrait la peine. Mais en plus, il y a cette scène à couper le souffle où on ne voit que l’ombre du meurtrier, et celle où la demoiselle se fait prendre. Bref, malgré ses défauts, ce film demeure bel et bien un classique.

Un chien andalou (1928) – 996 films

Le second film que nous avons visionné était aussi un court-métrage, un autre classique mais bien différent. Il s’agit de Un chien andalou de Luis Buñuel.

Scénarisé par Salvador Dalí et Luis Buñuel, il s’agit du film emblématique du surréalisme. Il est mystérieux, onirique, symboliste et, surtout, choquant. Muet et en noir et blanc, il est néanmoins animé par le Tristan et Iseult de Richard Wagner et des airs endiablés de tango. Il est également ponctué de symboles récurrents dans l’oeuvre de Dalí. On peut reconnaître les fourmis qui dévorent une main ou la flexibilité absurde du temps, ainsi que d’autres symboles forts du surréalisme, tels que la sexualité, ou la mort et la renaissance. D’ailleurs, l’apparition d’un papillon à tête de mort n’a pas été sans me rappeler The Silence of the Lambs, même si j’aurais tendance à dire que la référence est plutôt faite à l’inverse, s’il en est une.

Le pire moment du film, mais aussi le plus glorieux et mémorable, est la première scène, où Buñuel coupe l’oeil d’une jeune fille avec une lame de rasoir. (Vous serez prévenus !) Pour celle-ci et pour le reste du film, les deux scénaristes avouent qu’aucun sens n’y est voulu ou même à chercher, sauf, peut-être, en se tournant vers la psychanalyse. Pour ma part, par contre, j’y ai vu la crise d’adolescence d’un jeune homme, qui passe de l’enfance à l’âge adulte, et qui mesure le poids de ses pulsions sexuelles et celui de son éducation, qui le retient. Il doit aussi oublier les reliques de son enfance et se soumettre face à l’image paternelle.

Mais bon, ceci n’en est qu’une interprétation, et il n’en tient qu’à vous d’en faire la vôtre à l’écoute de ce film expérimental et étrange, mais qui sait être à la fois comique dans son incongruité et dramatique dans sa cruauté et sa franchise. Pour ma part, je commence à vraiment l’apprécier, après mon troisième visionnement. C’est aussi palpitant de tenter de déceler les motifs cachés de ces deux artistes, en mettant en relation les éléments en apparence hétéroclites des différentes scènes. Cela dit, si vous avez le coeur sensible, il vaudrait peut-être mieux passer la scène de l’incision oculaire.

Le Voyage dans la Lune (1902) – 996 films

Voilà plus d’un mois, j’ai écouté mon tout premier film pour ce blogue. Depuis, j’ai commencé à organiser mes soirées cinéma avec quelques amis. Ainsi, j’ai déjà eu l’occasion de visionner quelques classiques. Le premier d’entres eux, qui ouvrit le bal, ne pouvait être que Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès.

Ce film symbolise vraiment la naissance du cinéma. Avant il y avait, bien sûr, les frères Lumière, mais ceux-ci ne faisaient que filmer des scènes quotidiennes et ne voyait leur invention que comme une attraction de foire, sans plus. Avec Méliès, par contre, commence l’art du cinéma. Aidé de ses talents d’illusionniste, il monte des décors extravagants, crée des costumes fantaisistes, écrit des histoires où se mêlent le fantastique et la science-fiction, et utilise son ingéniosité pour faire les premiers effets spéciaux. Ainsi, le cinéma passe de témoignage à création.

Parmi les centaines de courts-métrages que Méliès réalisa durant sa vie, Le Voyage dans la Lune est le plus connu, le plus grandiose et le plus inspirant. L’ambition de ce film n’est dépassée que par celle de ses personnages, qui entreprennent une expédition vers l’astre nocturne. S’inspirant du roman De la Terre à la Lune de Jules Verne, des astronomes font construire un immense canon qui projettera leur vaisseau (qui ressemble à un grand obus) en plein dans l’oeil de la Lune : une scène mythique que personne n’est sans connaître. Là, les scientifiques visiteront l’astre et vivront quelques péripéties comiques et presque magiques en rencontrant ses habitants.

Méliès, comme pour plusieurs de ses films, y tient lui-même le rôle principal. Mais les grands gestes empruntés au théâtre sont rapidement éclipsés par les décors complexes et l’imagerie forte du film. Surtout dans la version coloriée à la main, image par image ! Ce classique devient alors un mélange entre un livre d’histoires animé et un rêve vif et coloré aux contours flous. Cela donne à peu près ceci :

Et pour une scène mémorable :

Sinon, il y a bien quelques longueurs, même pour un film de 14 minutes à peine, surtout au début, mais on regrette aussi que les scientifiques n’aient pas exploré davantage ce nouveau monde. Néanmoins, c’est vivre un véritable rêve à chaque fois que de regarder ce film, encore et encore. Si pour connaître le cinéma, il faut connaître Méliès, dites-vous que pour connaître Méliès, il faut avoir vu Le Voyage dans la Lune.

Kabhi Khushi Kabhie Gham (2001) – 1001 films

Voilà : mon premier film est écouté. Et l’expérience fut, à vrai dire, fort plaisante ! Et tel que prévu, ce fut Kabhi Khushi Kabhie Gham…

J’étais un peu anxieux à l’idée d’écouter mon tout premier film de Bollywood. Mais bon, je me sentais aussi bien entouré avec deux expertes en la matière qui ont pu répondre à toutes mes interrogations culturelles au cours du film. Ainsi, ce fut une belle révélation. La théâtralité extraordinaire des acteurs, les angles de caméra nouveaux pour moi, le vent perpétuel dans les cheveux, les phrases dramatiques ponctuées de coups de tonnerre, les chansons et les danses saturées de couleurs : tout m’a charmé, bien qu’en me faisant parfois un peu rire.

Et vraiment, les 3 heures et demie passent presque trop rapidement, tellement le film est fluide, tellement l’histoire est bien tissée et bien racontée. Je ne crois pas, durant toute la durée du film, qu’il n’y ait eu une seule longueur digne de mention. De plus, comme le film est divisé en 2 parties, il serait facile de regarder la seconde plus tard si, comme moi, il vous arrive d’avoir des fourmis dans les jambes.

Sans trop vous en raconter, l’histoire est plutôt simple et classique dans sa construction. Fils d’une famille très riche, Rahul Raichand, joué par l’excellent et séduisant Shahrukh Khan, promet de ne jamais décevoir son père, interprété par le vénérable Amitabh Bachchan, ou d’entacher l’honneur de la famille. Et pourtant… Au moment où son père arrange un mariage pour lui, il tombe amoureux d’une jolie jeune femme, Anjali, jouée par la délicieuse Kajol. Le problème ? Anjali est de classe inférieure. Dans une scène déchirante, le père refuse le mariage, renie son fils, et celui-ci doit s’exiler loin du foyer familial et faire ses adieux touchants à sa famille. 10 années plus tard, son frère Rohan, interprété par le talentueux et formidable danseur Hrithik Roshan, entreprend de le retrouver et de le ramener dans la famille, désormais brisée par l’absence de Rahul.

Malgré son côté un peu prévisible, l’histoire est néanmoins très engageante et offre quelques retournements fort appréciables. Par contre, ce qui m’a le plus marqué durant ce film, ce sont les excellentes scènes musicales. Les talents de danseur des acteurs y sont franchement impressionnants et captivants, et les mélodies sont diaboliquement accrocheuses. Sans parler de l’esthétique de ces scènes ! L’une affiche des saris de toutes les couleurs, une autre se passe au pied de pyramides, et toutes ont leur petite touche particulière.

Par contre, quelques détails m’ont bien fait rire, comme cette scène musicale où Rahul change 5 fois de chemise, ou le vent dans les cheveux beaucoup trop insistant durant les scènes dramatiques. Et j’oubliais les coups de tonnerre que j’ai mentionnés plus haut…

Mais somme toute, il s’agit d’un excellent film que je reverrais sans hésiter, et qui me donne le goût d’explorer davantage le style bollywoodien. Outre quelques différences culturelles parfois troublantes, parfois amusantes, le film joue sur des thèmes qui sont très familiers, avec peut-être seulement une insistance plus grande sur celui de la famille. Donc, ne vous en faites pas : le dépaysement culturel n’est pas si grand, et on n’en ressort que grandi, satisfait et curieux.

Avant-première à venir

Pour débuter ce blogue, j’ai décidé de ne pas y aller de main morte. Ainsi, avant de me lancer corps et âme dans les 1001 films que proposent mon livre, je me suis dit qu’il n’y avait rien de mieux pour se réchauffer qu’un bon film de Bollywood d’environ 3 heures et demie. Comme le style m’est encore inconnu, j’ai dû suivre les conseils d’une amie anthropologue beaucoup trop passionnée par l’Inde afin de savoir par où commencer. Sa suggestion : Kabhi Khushi Kabhie Gham… Un film, semble-t-il, assez stéréotypé et suffisamment facile d’approche pour le néophyte que je suis.

Par conséquent, j’ai planifié de le regarder avec quelques amis ce jeudi, après avoir partagé un bon repas dans un resto indien de Montréal. Je vous en donne donc des nouvelles vers la fin de la semaine. En attendant, voici un extrait, histoire de vous mettre l’eau à la bouche :

http://www.youtube.com/watch?v=Rlti9hU-lj4

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