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Un chien andalou (1928) – 996 films

Le second film que nous avons visionné était aussi un court-métrage, un autre classique mais bien différent. Il s’agit de Un chien andalou de Luis Buñuel.

Scénarisé par Salvador Dalí et Luis Buñuel, il s’agit du film emblématique du surréalisme. Il est mystérieux, onirique, symboliste et, surtout, choquant. Muet et en noir et blanc, il est néanmoins animé par le Tristan et Iseult de Richard Wagner et des airs endiablés de tango. Il est également ponctué de symboles récurrents dans l’oeuvre de Dalí. On peut reconnaître les fourmis qui dévorent une main ou la flexibilité absurde du temps, ainsi que d’autres symboles forts du surréalisme, tels que la sexualité, ou la mort et la renaissance. D’ailleurs, l’apparition d’un papillon à tête de mort n’a pas été sans me rappeler The Silence of the Lambs, même si j’aurais tendance à dire que la référence est plutôt faite à l’inverse, s’il en est une.

Le pire moment du film, mais aussi le plus glorieux et mémorable, est la première scène, où Buñuel coupe l’oeil d’une jeune fille avec une lame de rasoir. (Vous serez prévenus !) Pour celle-ci et pour le reste du film, les deux scénaristes avouent qu’aucun sens n’y est voulu ou même à chercher, sauf, peut-être, en se tournant vers la psychanalyse. Pour ma part, par contre, j’y ai vu la crise d’adolescence d’un jeune homme, qui passe de l’enfance à l’âge adulte, et qui mesure le poids de ses pulsions sexuelles et celui de son éducation, qui le retient. Il doit aussi oublier les reliques de son enfance et se soumettre face à l’image paternelle.

Mais bon, ceci n’en est qu’une interprétation, et il n’en tient qu’à vous d’en faire la vôtre à l’écoute de ce film expérimental et étrange, mais qui sait être à la fois comique dans son incongruité et dramatique dans sa cruauté et sa franchise. Pour ma part, je commence à vraiment l’apprécier, après mon troisième visionnement. C’est aussi palpitant de tenter de déceler les motifs cachés de ces deux artistes, en mettant en relation les éléments en apparence hétéroclites des différentes scènes. Cela dit, si vous avez le coeur sensible, il vaudrait peut-être mieux passer la scène de l’incision oculaire.

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