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Das Kabinett des Doktor Caligari (1919) – 996 films

Enfin, pour couronner ces deux courts-métrages, nous avons terminé la soirée avec un classique de l’expressionnisme allemand : Das Kabinett des Doktor Caligari de Robert Wiene. Ou, en français : Le Cabinet du docteur Caligari.

D’une durée de 71 minutes, il s’agit du grand chef-d’oeuvre du style. Décors anguleux et fantomatiques, pellicule teintée, personnages mystérieux et effrayants, suspense et drame intenables : il s’agit d’un film d’horreur qui vous fera frissonné par son expression démesurée. C’est comme regarder une toile sombre de Monet se mettre en mouvement et voir un drame apparaître derrière ses limbes.

L’intrigue tourne autour du docteur Caligari, savant-fou qui expose dans une foire un somnambule qui prédit l’avenir. Mais en même temps, de mystérieux meurtres prennent place, la nuit, dans la ville. Ajoutez à cela une enquête pour retrouver le coupable, l’enlèvement d’une jeune demoiselle suivi d’une poursuite effrénée, et un retournement, à la fin du film, peut-être prévisible mais certainement fort psychologiquement et émotionnellement, et vous avez un film emballant et qui vous rivera à votre siège… mais surtout vers la fin.

En effet, le plus grand défaut du film est sa lenteur, en particulier au début du film, alors que l’intrigue prend beaucoup de temps à se mettre en place et à interpeller le spectateur. Il faut dire aussi que les panneaux de texte, utilisés à profusion et parfois inutilement, ralentissent de beaucoup le rythme. Par contre, une fois que le tout démarre, là, le film devient captivant. Aussi, en l’analysant un peu, on remarque que l’histoire a une complexité bien appréciable, en plus des quelques mise à abîme qui rehaussent la qualité de la trame.

De toute manière, c’est surtout l’atmosphère du film qui retient l’attention. Il est difficile d’aller chercher plus lugubre, plus psychotique et plus onirique à la fois. Ne serait-ce que pour cela, le film en voudrait la peine. Mais en plus, il y a cette scène à couper le souffle où on ne voit que l’ombre du meurtrier, et celle où la demoiselle se fait prendre. Bref, malgré ses défauts, ce film demeure bel et bien un classique.

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